spectacle MA FAMILLE

affiche du spectacle "Ma famille"26 novembre 2013
15h00
Théâtre Gong
entrée : 6 lei
 
Spectacle en français sous-titré en roumain

 

MA FAMILLE
de Carlos Liscano
Compagnie KF Association. Conception et jeu: Camille Kerdellant et Rozenn Fournier. Durée 55 min.

spectacle accessible aux jeunes de plus de 12 ans

Dans cette pièce située en Uruguay, on vend les enfants comme on respire : pour survivre. Aucun jugement moral n’est donné. Les enfants comme les parents trouvent cette situation normale. On en vend un quand on a du mal à finir le mois ou quand il faut un nouveau frigidaire. On les rachète parfois aussi, par exemple pour une fête de famille. Le narrateur raconte son parcours, du petit garçon que ses parents ne mettaient pas sur le marché parce qu’il n’était pas
beau, à l’homme qu’il est devenu et qui tout naturellement s’est mis à vendre son père. On traverse cette histoire traitée avec cocasserie et tendresse en admirant la virtuosité d’un auteur qui nous fait passer du récit au théâtre sans qu’on n’y prenne gare. Ma Famille n’est pas un texte écrit pour le jeune public, c’est un texte de théâtre tout simplement.

Extrait
Récit
Acteur deux – Malgré les connaissances de mon père en matière de négoce, ils m’ont vendu assez tard. Mon père disait qu’enfant, j’étais malade de la tête et que c’est à cause de ça que personne ne voulait donner un sou pour moi.
Représentation
Acteur un – Ce qu’il y a c’est que personne ne t’achetait, ça je te jure. Ce n’est pas par manque d’efforts de ma part. Au contraire. Je crois qu’il n’y en a aucun pour qui j’ai fait autant de publicité que pour toi. Que tu étais gentil, que tu étais intelligent, et ainsi de suite, ce qu’il y avait de mieux. Une marchandise de première qualité, un enfant comme on n’en avait jamais vu.
Acteur deux – Mais qu’est-ce qui se passait, pourquoi on ne m’achetait pas avec toute cette réclame ?
Acteur un – Je crois que ce qui ne t’aidait pas c’était ta tête. Les gens s’en rendaient compte immédiatement. Ils te voyaient cette tête et ils continuaient leur chemin. Si tu parlais, c’était bien pire. Mais ils n’avaient pas besoin de t’entendre, te voir leur suffisait. Je n’ai jamais vu un enfant aussi invendable que toi. (…)

Carlos Liscano
Né en 1949 en Uruguay, il vit actuellement entre Montevideo et Barcelone. En 1972, alors qu’il n’a que 23 ans, il est arrêté et emprisonné pour n’être libéré que le 14 mars 1985 à la fin de la dictature. 13 ans d’enfermement, la découverte de l’écriture comme issue salvatrice. Depuis, une carrière d’auteur dans son pays, mais aussi en France, en Italie, en Suède ou en Espagne. En 1996, il reçoit le prix du Théâtre de la Ville de Montevideo pour Ma Famille. « Je voudrais dire maintenant, en peu de mots et avec beaucoup de modestie, que c’est en prison que je suis devenu un adulte. Et aussi un écrivain. Et je sens que quelque chose de ce voyage aux limites de la langue est ancré au plus profond et au plus intime de tout ce que j’ai écrit. En prison. Et après…»

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